Mon parcours s'est construit progressivement, au fil des rencontres, des expériences de terrain et d'un profond désir de comprendre ce qui aide réellement une personne à retrouver un sentiment de sécurité et à se reconstruire, à renouer avec ses ressources et à avancer à son propre rythme.
La sophrologie est entrée dans ma vie à un moment où j'en avais personnellement besoin. J'ai été surprise de découvrir qu'il était possible de retrouver un sentiment de sécurité et de liberté en passant d'abord par les sensations du corps. Cette approche m'a paru d'une grande douceur, là où je pensais jusque-là que le changement passait nécessairement par la parole.
Cette découverte a profondément transformé mon rapport à moi-même. J'ai compris que le corps gardait aussi en mémoire nos ressources et qu'il pouvait devenir un véritable point d'appui pour avancer, à son propre rythme.
C'est cette expérience qui m'a donné envie, plus tard, de devenir sophrologue. Non pas parce que j'avais trouvé une solution universelle, mais parce que j'avais découvert une manière d'accompagner qui respectait profondément la personne, son rythme et ce qu'elle était prête à vivre.
Depuis dix ans, j'accompagne des enfants, des adolescents et des adultes dans des contextes très différents, en cabinet comme au sein d'établissements scolaires, d'associations, de structures de santé, d'universités et d'organismes de formation.
Au fil des années, j'ai eu la chance de travailler auprès de publics très variés : enseignants, étudiants, aidants, personnes endeuillées, personnes vivant avec une maladie chronique, patient·es en psychiatrie, professionnel·les de santé, sportif·ves de haut niveau, ainsi que des femmes, des hommes et des enfants confrontés à des difficultés de vie très diverses.
Ces expériences m'ont appris qu'au-delà des symptômes ou des parcours, chaque personne est unique. Les besoins ne sont jamais tout à fait les mêmes, mais une chose revient souvent : le besoin d'être écouté, respecté et accompagné dans un cadre suffisamment sécurisant pour retrouver ses propres ressources.
C'est cette diversité de rencontres qui continue aujourd'hui d'enrichir ma pratique et de nourrir ma réflexion.
Au fil des accompagnements, certaines paroles revenaient régulièrement de la part des femmes que j'accompagnais.
« J'ai l'impression de devenir folle. »
« Je sais que je suis en sécurité, mais mon corps, lui, ne le sait pas. »
« Pourquoi mon corps craque t'il maintenant ? »
Ces femmes ne manquaient ni de volonté ni de lucidité. Pourtant, leur corps semblait continuer à réagir comme si le danger était toujours présent. Malgré leurs parcours différents, elles avaient toutes en commun d'avoir subi des violences.
À cette époque, je ne savais pas encore reconnaître ces manifestations comme des conséquences possibles d'un psychotraumatisme. Aucune sophrologue de mon territoire ne s'était alors spécialisée dans ce domaine. Les femmes que j'accompagnais m'ont pourtant renouvelé leur confiance. Je leur ai toujours parlé avec transparence de mes limites, et cette confiance m'a donné une responsabilité : celle d'aller chercher les connaissances qui me manquaient. Je me suis donc formée aux psychotraumatismes et à l'accueil des femmes victimes de violences afin de leur proposer un accompagnement toujours plus juste, plus sécurisant et plus adapté à leurs besoins.
La rencontre de ces femmes et la découverte du psychotraumatisme ont profondément changé mon regard. Derrière ce que beaucoup vivent comme une faiblesse, j'ai appris à reconnaître des mécanismes de protection, des stratégies de survie et des réactions profondément humaines.
Au fil de mes rencontres et de mes formations, j'ai également pris conscience de l'importance de la victimisation secondaire : après les violences elles-mêmes, certaines personnes peuvent être à nouveau fragilisées par la manière dont leur parole est accueillie, questionnée ou mise en doute, par la minimisation de ce qu'elles ont vécue, la culpabilisation, ou encore par des réponses institutionnelles inadaptées.
J'ai aussi découvert combien ces expériences pouvaient se répéter au cours d'un parcours : dans l'entourage, les soins, les démarches judiciaires, sociales ou administratives. À la violence initiale peuvent alors s'ajouter d'autres expériences de non-reconnaissance, d'incompréhension ou de mise en doute, parfois qualifiées de victimisation tertiaire selon les approches.
Cela m'a amenée à adapter ma pratique professionnelle. Accompagner une personne victime de violences ne consiste pas seulement à connaître les mécanismes du psychotraumatisme : cela demande de réfléchir à notre posture, à nos représentations, au pouvoir que nous confère notre place de professionnel·le et au contexte social dans lequel les violences surviennent.
C'est cette réflexion qui a renforcé ma volonté de me former à la thérapie féministe. Les apports des sciences sociales m'ont permis de comprendre qu'un traumatisme ne peut pas être pensé indépendamment du contexte dans lequel il survient. Les violences faites aux femmes s'inscrivent dans un système de rapports de pouvoir marqué par le patriarcat et la domination masculine. Nommer cette réalité ne consiste pas à réduire chaque histoire à une lecture politique : c'est reconnaître que ce que vivent individuellement les femmes est aussi traversé par des réalités collectives. Cette compréhension peut contribuer à remettre la responsabilité là où elle appartient, du côté de ceux qui exercent les violences, et à libérer progressivement les victimes de la honte et de la culpabilité qu'elles portent trop souvent.
Je considère la formation continue comme une responsabilité professionnelle. Chaque nouvelle connaissance vient enrichir ma pratique afin de proposer un accompagnement toujours plus juste, sécurisé et adapté aux besoins des personnes que j'accompagne.
Sophrologue certifiée – Titre RNCP, Institut de Formation à la Sophrologie de Paris.
Spécialisation Enfance.
Sophrologie et pédagogie respiratoire (EPSSIC) :
impact de la respiration sur les dimensions corporelle, émotionnelle et cognitive ;
compréhension des mécanismes respiratoires ;
adaptation des techniques respiratoires aux besoins de chaque personne ;
intégration des pratiques respiratoires dans l'accompagnement sophrologique.
Sensibilisation à l'Écoute centrée sur la personne (Carl Rogers) à Espace Ecoute Formation au Mans
Formation continue sur la posture d'accompagnement, la relation thérapeutique et la sécurité relationnelle.
Formation spécialisée – Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV)
Une formation approfondie consacrée à l'accompagnement des femmes victimes de violences sexuelles, qui a nourri ma pratique autour de plusieurs dimensions complémentaires :
Comprendre le psychotraumatisme
les conséquences psychotraumatiques des violences sexuelles ;
les mécanismes de dissociation et de mémoire traumatique ;
les stratégies de survie développées face au danger ;
les manifestations corporelles, émotionnelles et cognitives du traumatisme.
Comprendre les violences
les violences sexuelles durant l'enfance et à l'âge adulte ;
l'inceste et les violences intrafamiliales ;
la statégie des agresseurs
les mécanismes d'emprise et les violences post-séparation ;
les violences systémiques et leurs conséquences sur les parcours de vie.
Accueillir et accompagner
la prévention de la reviviscence ;
la restauration du pouvoir d'agir ;
l'accompagnement dans une approche trauma-informée ;
l'animation de groupes de parole dans un cadre sécurisant.
Une pratique nourrie par plusieurs disciplines
Ma pratique s'enrichit également de formations, colloques et journées d'étude consacrés notamment :
au psychotraumatisme ;
aux violences sexuelles et aux violences faites aux enfants ;
aux neurosciences du traumatisme ;
à la théorie de l'attachement ;
au système nerveux autonome et aux approches corporelles ;
aux sciences sociales et aux approches féministes des violences.
Supervision professionnelle dans une approche féministe - Centre Bertha Pappeinheim avec Juliette Mercier, Stéphanie Vuilquez et Annie Ferrand.
Colloques, journées d'étude et formation continue autour des psychotraumatismes, des violences sexuelles, des violences faites aux enfants, des neurosciences et des sciences sociales.
Ma pratique est également nourrie par une veille scientifique et une formation continue auprès de professionnels du psychotrauma, des neurosciences, des sciences sociales et des violences sexuelles, à travers des organismes spécialisés, des colloques, des journées d'étude et des supervisions.
Aujourd'hui, j'accompagne des enfants, des adolescents et des adultes en cabinet, ainsi qu'au sein de différentes structures de santé, d'établissements scolaires, d'associations et d'universités.
Au fil des années, plusieurs femmes que j'accompagnais en cabinet m'ont confié qu'elles auraient aimé rencontrer d'autres femmes ayant vécu les conséquences des violences comme elles. Elles me disaient combien cela les aiderait de se sentir comprises et peut-être normales, de ne plus avoir à tout expliquer et de ne plus se sentir seules.
C'est de cette demande et du même constat avec d'autres professionnels sur le terain, que j'ai fondé l'association à l'Endroit, qui propose des groupes de parole pour les femmes victimes de violences sexuelles. Pour moi, l'accompagnement individuel et le collectif sont complémentaires : ils répondent à des besoins différents dans le même objectif de reconstruction et d'agentivité.
Qu'il s'agisse d'une séance de sophrologie ou d'un groupe de parole, mon intention reste la même : offrir un espace où chaque personne puisse être accueillie avec respect, retrouver ses ressources et avancer dans sa propre temporalité.